Place for archiving, researching and transmitting born in 1994 that explores Land Art both in historical, critical and prospective perspective. It is aimed at “an audience as wide as possible” (Gerry Schum)
Founder/director: Marc de Verneuil (architect, critic)

Lieu d'archivage, de recherche et de transmission né en 1994 qui explore le Land Art dans une perspective aussi bien historique, critique que prospective. Il s’adresse à «un public le plus large possible» (Gerry Schum)
Fondateur/directeur: Marc de Verneuil (architecte, critique
)







dimanche 9 juin 2013

Spiral Jetty | OBSART - R.Piéchaud/R.Chipault

Robert Smithson, Great Salt lake Utah : Movie Treatment for Spiral Jetty,
Virginia Dwan Gallery, New York, 31 octobre – 25 novembre 1970
affiche, 96,5 x 55,8 cm.
 

Collection : Observatoire du Land Art
Shooting : Raphaël Chipault / Photo : Marc de Verneuil

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Very last news!



Ceux qui se sont rendus dernièrement au Centre Pompidou Metz pour visiter l'exposition « Vues d'en haut » ont pu découvrir ou revoir l'affiche dont nous présentons ici une photographie, réalisée à l'OBSART quelques jours avant son empaquetage. Il s'agit d'un document produit par la Dwan Gallery qui a été exposé pour la première fois dans cette galerie mythique new-yorkaise, entre le 31 octobre et le 25 novembre 1970, soit quelques mois après l'achèvement des travaux de construction de Spiral Jetty. Au delà de sa dimension promotionnelle, cet ephemera (comme disent les anglo-saxons) présente une sorte de « storyboard augmenté » du film Spiral Jetty, lequel permet d'entrer dans l’œuvre par une autre porte, où s’entremêlent fiction et réalité. Et c'est bien ce que Robert Piéchaud s'apprête à faire, à sa façon, c'est-à-dire en tant que compositeur et pianiste, avec sa nouvelle pièce intitulée Still et mise en image par le photographe Raphaël Chipault. Cette performance vidéo-musicale inspirée par l'univers de Robert Smithson, dont Spiral Jetty n'est qu'une facette faut-il le rappeler, sera donnée le 13 juin prochain au Collège des Bernardins, à Paris, à l'occasion de la treizième édition du cycle  « Alterminimalimes ». Inauguré en mars 2011 dans le cadre de la saison « Questions d'artistes », ce cycle conçu dès son origine « comme un vagabondage stylistique et musical autour des possibles avatars contemporains du minimalisme » se prête particulièrement bien à une relecture transversale du Land Art telle que proposée par le duo parisien. Land Art et minimalisme, on le sait au moins depuis la parution en 1993 de la première édition de l'ouvrage de référence de Gilles Tiberghien, sont intrinsèquement liés. Mais n'en disons pas plus ; laissons plutôt la parole au pianiste, en attendant son live.




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Robert Piéchaud - Sites auriculaires
Entretien avec David Sanson (extrait) [⌂]

Entretien exclusif publié en janvier 2013, Questions d'artistes n°5
(cet extrait légèrement révisé par Robert Piéchaud le 8 juin 2013)

Source :
“Robert Piéchaud - Sites auriculaires, Entretien David Sanson”, Questions d'artistes, Paris, Collège des Bernardins, Janvier-juillet 2013, pp. 37-39. (extrait, p.39)


Au piano, Robert Piéchaud propose en juin un voyage dans le temps et l’espace, mettant en regard Palais de Mari, ultime pièce de Morton Feldman inspirée par un merveilleux palais de Mésopotamie, et une nouvelle composition de son cru, d’après une œuvre mythique du sculpteur Robert Smithson.
 

(...)

DS : Parlez-nous du récital que, avec la complicité de Raphaël Chipault pour la mise en images, vous avez conçu pour les Bernardins… 
RP : J’avais dès le début cette idée d’un récital en deux parties d’égales durées : une œuvre du répertoire et une création, en miroir l’une de l’autre. Mais, bien qu’ayant depuis un moment en tête de composer quelque chose à partir de Spiral Jetty, je n’avais pas fait consciemment le lien avec le Palais de Mari de Feldman qui était un bon candidat pour ce concert. Composée en 1986, c’est la dernière œuvre pour piano de Feldman, un concentré de tout son art minimaliste. Les choses se sont alors assemblées assez naturellement : d’un côté, Palais de Mari prend sa source dans une photographie du Département des Antiquités vue par Feldman au cours d’une visite au Louvre. Mari, autrefois fertile, est aujourd’hui dans une zone aride de la Syrie ; c’est un site archéologique majeur de la Mésopotamie. De l’autre côté, ma pièce Still s’inspire de l’œuvre de Land Art que Robert Smithson a créée en 1970 dans le Grand Lac Salé, en Utah. Ainsi deux sites, deux déserts, comme par énigmes, se répondent, et des temps différents, archéologique et géologique, se rejoignent. Terre, pierres et boue, soleil de plomb, cristaux de sel, ruines, cycle de l’eau, travail du temps, forment une matière commune tournée vers la contemplation. Par ailleurs, l’idée d’un ciné-concert d’un genre un peu spécial me taraudait. J’en ai parlé à mon ami Raphaël Chipault, photographe du Louvre qui intègre aussi des images d’archéologie dans son travail personnel, et c’est ainsi que, grâce à la collaboration généreuse de la Mission archéologique française de Mari et de l’Observatoire du Land Art, nous avons imaginé ensemble un lent diaporama complètement intégré au récital. C’est un très beau dispositif.  

DS : Que représente pour vous cette Spiral Jetty
RP : Il y a quelque chose dans tout l’œuvre de Smithson qui me touche profondément. Mouvement fixe, face au ciel dans un lieu qui est comme au commencement de la Terre, apparente ou immergée selon les caprices du climat, laissée aux éléments qui finiront sans doute par la disperser, Spiral Jetty a une force suggestive inépuisable, et, malgré les très beaux textes, photos, film et dessins qui l’accompagnent, Smithson n’a heureusement pas livré de mode d’emploi avec l’œuvre ! En tant que musicien, je ne peux m’empêcher de voir la Jetty comme oreille du monde, et d’ailleurs elle a, hasard ou non, très exactement la forme de la cochlée, l’organe le plus subtil de l’ouïe, aux confins de l’oreille interne…


Pour citer cet extrait :
« Robert Piéchaud - Sites auriculaires, entretien David Sanson (extrait) », Observatoire du Land Art, mis en ligne le 9 juin 2013. Consulté le [xx/yy/zzzz]. URL: http://obsart.blogspot.fr/2013/06/spiral-jetty-obsart-rpiechaudrchipault.html 

Dernières nouvelles! 
Spiral Jetty au musée du Louvre

Pour en savoir plus :
Robert Piéchaud
Raphaël Chipault
Trans-atlanticism Trio
Collège des Bernardins
David Sanson
« Alterminimalimes »

Liens relatifs :
Hikmet Sidney Loe 

Shooting at Observatoire du Land Art, 31/03/2013.


 
Those who have recently visited the Centre Pompidou Metz to see the exhibition “Views from above” have been able to (re)discover the poster of which we present a picture here, taken at OBSART a few days before packaging. It is a document produced by the Dwan Gallery that has been on display for the first time in this legendary New York-based gallery, between October 31 and November 25, 1970, that is a few months after the completion of Spiral Jetty's construction. Beyond its promotional aspect, this ephemera is a kind of “increased storyboard” of Spiral Jetty's film, which allows entering the work by another door, intermingling fiction and reality. And that is what Robert Piéchaud is about to do, in his own way, that is to say as a composer and pianist, with his last piece entitled Still of which  imaging by photographer Raphael Chipault is being finalized. This video/musical performance inspired by the world of Robert Smithson, the one of which Spiral Jetty is only one side as we should point out, will be performed on June 13 at the College of Bernardins, Paris, on the occasion of the thirteenth edition of the “Alterminimalisms” cycle. Launched on March 2011 as part of the “Questions of artists” season, this cycle designed from its outset “as a stylistic and musical wanderings around the possible avatars of contemporary minimalism” is particularly suitable for a cross-reading of Land Art as proposed by the Paris-based duo. Land Art and minimalism, as we know at least since the first release of Gilles Tiberghien's 1993 reference book, are intrinsically linked. But do not say more; rather, let's give the floor to the pianist, waiting for his minimal gig.

     


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Robert Piéchaud - Auricular sites
Interview with David Sanson (excerpt) [⌂] [photo]
 
Exclusive interview published on Jan. 2013, Questions d'artistes n°5
(an excerpt slightly revised by Robert Piéchaud on June 8, 2013
and translated from French by Jill A. McCoy)

Source :
“Robert Piéchaud - Sites auriculaires, Entretien David Sanson”, Questions d'artistes, Paris, Collège des Bernardins, January-July 2013, pp. 37-39. (excerpt, p.39)


At the piano, Robert Piéchaud offers in June a trip through time and space, by comparing Palais de Mari, the final piece by Morton Feldman inspired by a wonderful palace in Mesopotamia, and a new composition of his own, after a mythical work by sculptor Robert Smithson.

(...)

DS: How did this recital, thought up together specially for the Bernardins with photographer Raphaël Chipault, come into being?  
RP: From the beginning, I had the idea of a recital with two parts of equal length: a piece from the repertoire and then a new piece, one the mirror of the other. Even though I’d been thinking for a while about writing a piece based on the Spiral Jetty, I hadn’t consciously made the connection with Feldman’s Palais de Mari, which ended up being a good candidate for this program. Composed in 1986, it’s Feldman’s last solo piano piece and concentrates all of his minimalist work into one. The rest of the concert came naturally after that: on the one hand, Palais de Mari originates with a photograph housed in the Antiquities Department that Feldman saw on a visit to the Louvre Museum. Mari is one of Mesopotamia’s major archaeological sites. And then my piece Still was inspired by the land artwork created by Robert Smithson in 1970 on the Great Salt Lake in Utah. Two sites and two deserts respond to one another as if through a coded language, and two eras, archaeological and geographical, converge. Earth, rocks, mud, blinding sun, salt crystals, ruins, the water cycle, the course of time… these elements all form a common matter, tending toward contemplation. The idea of a kind of special cinema-concert had been stewing in me for a while. I spoke about it with my friend Raphaël Chipault, who is a photographer at the Louvre and uses archaeological images in his personal work. Drawing on images from the French archaeological mission at Mari, and with the help of Observatoire du Land Art, we were able to design a slow slideshow that would be completely integrated into the recital.  

DS: What does the Spiral Jetty represent for you?  
RP: There is something in Smithson’s work, generally speaking, that moves me profoundly. Spiral Jetty is a fixed piece in movement, facing the sky in a place akin to the beginning of the Earth. Whether visible or submerged depending on the foibles of the weather, exposed to the elements that one day will end up breaking it apart, the Spiral Jetty has an unending suggestive force, and aside from some beautiful writings, photos, films, and drawings that go along with it, Smithson fortunately did not include a user’s guide with his piece! As a musician, I can’t help but see the Jetty as an ear of the world. Coincidence or not, it has the exact shape of the cochlea, the most delicate organ of the auditory system, nestled deep in the confines of the inner ear…


For quoting this extract:
“Robert Piéchaud - Auricular sites, Interview with David Sanson (excerpt)”, Observatoire du Land Art, posted on June 9, 2013. Retrieved on [xx/yy/zzzz], URL: http://obsart.blogspot.fr/2013/06/spiral-jetty-obsart-rpiechaudrchipault.html

Very last news!
Spiral Jetty at The Louvre

For further details:
Robert Piéchaud
Raphaël Chipault (FR)
Trans-atlanticism Trio 
Collège des Bernardins (FR) 
David Sanson (FR)
“Alterminimalisms” (FR)

Related links:
Hikmet Sidney Loe 

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